Le sens du toucher est très développé chez la race équine. La peau du cheval est d’ailleurs si sensible qu’il peut, par exemple, localiser le plus petit insecte posé sur son corps et s’en débarrasser d’un coup de queue ou de dents. Dès la naissance, les chevaux associent le toucher à une sensation de sécurité et à un moyen de communication. C’est par le dialogue gestuel et le contact physique que la jument communique avec son poulain et lui enseigne les bases de son futur comportement d’adulte. C’est ce sens du toucher et du contact qui permet au cavalier de communiquer ses intentions à sa monture (contact des jambes, poids de l’assiette, caresses ou tapes amicales ou bien - au contraire - réprimandes, etc.).

Les Chinois reconnaissent et utilisent les vertus bénéfiques du massage depuis des milliers d’années et les ont perfectionnées en développant une méthode de soins basée sur la stimulation de certains points spécifiques du corps à l’aide d’aiguilles. Nous connaissons aujourd’hui cette thérapie sous le nom d’acuponcture. Il semblerait que l’espèce équine connaisse et utilise cette méthode de soins entre congénères de manière instinctive depuis la nuit des temps.

On retrouve en effet dans la nature cette méthode de soins par le toucher chez un grand nombre d’espèces grégaires dont les équidés. Le toilettage mutuel observé au quotidien chez des chevaux en liberté, qu’ils soient domestiques ou sauvages, ne doit pas être seulement considéré comme un outil de communication entre congénères ou une forme d’alliance entre deux animaux d’un même groupe mais également comme un moyen de se soulager mutuellement de douleurs ou de raideurs passagères.
Les principes du diagnostic oriental sont applicables à la race équine, le corps des chevaux possédant un réseau énergétique composé de méridiens et de tsubos similaires à ceux des êtres humains. Une séance de toilettage mutuel et les gros câlins entre la mère et son poulain ne sont pas anodins, les chevaux ne se toilettent pas au hasard. Ils savent instinctivement solliciter les méridiens et tsubos qui correspondent au type de problèmes rencontrés, leurs régions de “grattages- massages” variant d’un moment de la journée à un autre. Ils ont également un répertoire plus classique comme le massage des flancs par exemple, communément utilisé et très apprécié après une prise de repas (parcours des méridiens du foie et de la rate-pancréas) ou encore celui de la région du garrot qui procure une véritable sensation de détente générale (point Shu du poumon qui permet –en autre chose- de lutter contre l’anxiété).

Par pressions circulaires de leurs lèvres fortes mais sensibles les chevaux massent eux-mêmes certaines parties de leur propre corps. Et lorsque l’endroit n’est pas facile d’accès, ils ont recours à l’aide d’un membre de la harde ou d’un arbre pour effectuer la stimulation du ou des points. Ils stimulent ainsi entre congénères certains points du réseau énergétique en fonction des besoins du moment de chacun. En les observant, on constate très vite que chaque animal est capable de faire comprendre ses besoins personnels à l’autre auquel il va présenter de manière évidente différentes parties de son corps afin que ce dernier les lui masse. Une fois contenté, le service est généralement rendu et le massé devient le masseur; une forme de coopération qui permet donc d’entretenir la santé et la vitalité de chacun.

On peut également observer un cheval qui, s’étant volontairement rapproché d’un autre va commencer à le gratter avec ses lèvres ou ses dents selon l’effet désiré. L’autre cheval va alors interpréter ce geste comme un signal lui demandant de reproduire la même action au même endroit sur son congénère. Dès que le cheval initiateur change d’orientation ou de région sur le corps, l’autre fait précisément la même chose ce qui permet au premier cheval d’être massé exactement selon son besoin.

Le Shiatsu sera donc particulièrement bien adapté à un animal dont le moyen principal de communication entre congénères se manifeste par un échange tactile et dont la peau est si sensible au toucher.